Bâtir une aile jeunesse pour faire renaître
la coalition « Jeune souverainiste » !
En 1993, nous n'avions toujours pas droit de vote pour choisir le pays que nous voulions. À l'époque, des jeunes de notre âge, faisant fi des querelles internes, du marchandage politique et de tractations de corridors, ont décidé de mettre la main à la pâte et créer une véritable coalition de jeunes québécois qui croyaient que le Québec devait devenir un pays. La situation à l'époque était la suivante : gouvernement du Québec impopulaire, gouvernement fédéral pris avec des scandales, le Bloc Québécois obtient 54 députés à la Chambre des Communes et la route était pavé pour faire du Québec un pays. Ça ne vous rappelle pas quelque chose
Cette coalition appelée « Jeune souverainiste » voyait le jour et en 1995, a réussi à créer un mouvement de jeunes de tout acabit provenant de milieux aussi différents que les jeunes syndiqués, le mouvement étudiant, les regroupements de défense des droits et les groupes communautaires. La mobilisation fut sans précédent, car l'ensemble des composantes de la société civile a réussi à mettre leurs luttes respectives de côté pendant quelques mois afin de réaliser la souveraineté du Québec. S'en est fallu de peu. Aujourd'hui, les jeunes du Parti Québécois peuvent contribuer à rebâtir cette coalition souverainiste afin de démontrer à l'ensemble des québécoises et des québécois que le projet de pays du Québec est nécessaire pour faire avancer un projet social inspiré de la réalité et des convictions du peuple québécois.
GÉNÉRATION ACTION propose plusieurs pistes de solutions qui pourront faire l'objet de consultations avec les membres du Comité national des jeunes au cours des prochaines semaines et des prochains mois afin de bâtir cette coalition autour d'un véritable projet de pays.
L'éducation :
LA nouvelle priorité d'un projet de pays du Québec
La véritable santé d'une nation, c'est l'éducation. Pour plusieurs raisons, des politiciens sans scrupules utilisent la vulnérabilité des citoyens pour attiser la division entre les générations poussant même l'injure jusqu'à demander à Bernard Landry de choisir entre la souveraineté et la santé. Considérant que Jean Charest a choisi le fédéralisme au détriment de l'accessibilité aux études en coupant 103 millions $ au lieu de revendiquer le déséquilibre fiscal, nous sommes en droit de constater que seul un pays du Québec pourra faire de l'éducation une priorité.
Dans le contexte du choc démographique où nous serons deux fois moins de citoyens à payer pour deux fois plus de services publics, la société doit voir l'urgence d'investir en éducation afin d'améliorer l'accessibilité aux études. Selon plusieurs études, un étudiant qui fréquentera l'université paiera sept fois le coût de sa formation en impôts au cours de sa vie active ce qui fait de l'éducation une source de financement à long terme afin de se doter de services publics adéquats.
« Le projet de pays du Québec doit faire de l'accessibilité à l'éducation LA nouvelle priorité afin de bâtir une société ou règne l'égalité des chances pour les jeunes ayant les capacités aux études. »
Un projet de pays ou les « régions du Québec » deviendrait le « Québec des régions »
Trop longtemps, le discours des régions a eu tendance de diviser les québécois au lieu de les solidariser. Plusieurs tentent encore aujourd'hui de miser sur les dissensions qui sévissent pour mieux régner en faisant fi des enjeux particuliers en région. Plusieurs parlent des « régions du Québec ». Il faut maintenant parler du « Québec des régions ». Ce n'est absolument pas normal que les établissements postsecondaires en région reçoivent moins que les universités des grands centres. Cela encourage l'exode des régions ce qui fait qu'un étudiant du Saguenay est bien plus tenté de laisser sa région pour aller étudier à l'Université Laval ou à Montréal. À chaque année, des centaines de jeunes quittent leurs régions respectives à la recherche de meilleures conditions sociales non pas par choix mais par nécessité.
NOUS DEVONS AGIR !
Le développement régional doit être au centre du projet de pays du Québec. Les gens de Montréal et de Québec ne doivent plus rester insensible à la situation qui sévit ailleurs chez nous. Les programmes de crédits d'impôts pour inciter les jeunes à revenir dans leurs régions sont nécessaires au développement du Québec. Mais pour recevoir des crédits d'impôts, il faut payer de l'impôt et pour payer de l'impôt, faut avoir un emploi ! Il faut donc que dans le projet de pays du Québec, les incitatifs aux entreprises pour l'investissement en région soit prioritaire afin de créer des emplois à la hauteur de la formation des jeunes qui ont quitté leur région et qui désirent y revenir.
Idem pour le financement des cégeps et universités. C'est totalement anormal que le cégep de Chicoutimi et celui de l'Abitibi reçoivent moins d'argent par étudiant que le cégep Maisonneuve ou FX Garneau. Même comparaison entre les universités en régions et les universités des grands centres. Le financement des universités devra permettre à un jeune d'étudier le programme désiré dans SA région et de ne pas être obligé de s'expatrier vers les grands centres pour réaliser ses ambitions.
« C'est dans cette optique que nous voyons le projet de pays. Miser sur la solidarité entre les citoyens et faire des « régions du Québec » le « Québec des régions ». »
L'intégration sociale de nos concitoyens issus de l'immigration au cœur du projet de pays du Québec
Pour bâtir un projet de pays, nous devons réunir l'ensemble des québécoises et des québécois autour d'un projet commun. Plusieurs avancent des solutions à l'intégration mais peu nombreux ce qui voit aujourd'hui la réalité qui sévit dans certaines communautés. Pour nommer qu'un des nombreux exemples, le quartier Parc Extension est l'un des quartiers les plus pauvres au Québec. Le taux d'intégration à l'emploi est l'un des plus faibles au Canada. Plusieurs membres de ces communautés vivent sans avoir d'espoir d'accès à l'emploi car les programmes gouvernementaux d'intégration, comme le programme de francisation, ont subi des coupures drastiques lors du dernier budget du Parti Libéral. Qui dit intégration doit dire intégration sociale. Nous ne pouvons plus jouer à l'autruche devant ces injustices sociales qui pénalisent nos concitoyens issus de l'immigration. Trop longtemps, le Parti libéral a pris pour acquis ces communautés faisant fi de leurs conditions socioéconomiques.
Il est temps pour le Comité national des jeunes du Parti Québécois de proposer une réforme d'accès à l'emploi qui permettra à l'ENSEMBLE des québécois de pouvoir aspirer à une meilleure qualité de vie. Les sondages démontrent que les enfants de la loi 101 (Enfants d'immigrants ayant fréquenté l'école française) adhèrent de plus en plus au projet de pays du Québec. En mars 2003, Génération Québec démontrait par le biais d'un sondage Léger Marketing que près de 45% des enfants de la loi 101 voteraient OUI à un référendum sur la souveraineté alors que 64% considèrent le Québec comme une nation. Il faut donc redoubler d'ardeur afin de maximiser l'intégration sociale de nos concitoyens issus de l'immigration et placer cet enjeu au cœur du projet de pays du Québec.
« Augmenter le nombre de places en francisation, assurer un meilleur accès aux services gouvernementaux et valoriser la solidarité entre les citoyens du Québec est le premier pas vers la création d'un pays uni et progressiste. »
Un projet de pays pour une mondialisation plus équitable
S'il y a une cause à laquelle notre génération adhère, c'est bien celle de la l'altermondialisation. Aujourd'hui, dans le contexte actuel, il est fondamental que le projet de pays définisse le genre de mondialisation nous désirons. En 2001, à Quito, Pierre Pettigrew allait consentir à une entente de principe avec ses collègues des Amériques qui stipulait que les programmes sociaux, comme la santé et l'éducation, pouvait faire l'objet de négociations lors de la signature de la ZLÉA ( Zone de Libre-Échange des Amériques ). Autrement dit, l'État du Québec pourrait faire l'objet de poursuites en finançant ses programmes sociaux (contrairement aux Etats-Unis) car cela serait de la « concurrence déloyale » face aux entreprises des autres pays signataires qui desservent des services comme les soins de santé. Un exemple plus concret, le service de messagerie UPS poursuit Postes Canada en vertu de l'ALÉNA ( Accord de Libre-Échange Nord-Américain ) car elle bénéficie du financement de l'État ce qui est une « concurrence déloyale ». En vertu de l'entente, l'université Yale ouvrirait un campus à Montréal et devrait bénéficier du financement québécois au même titre que l'UQAT ! C'est le genre de mondialisation que le Canada s'apprête à signer.
Notre génération doit savoir que jamais, un Québec souverain, ne signerait une entente permettant à des entreprises de venir faire la loi ici sur notre territoire. En ce moment, le gouvernement canadien nous fera signer un contrat social sans notre consentement et surtout, au détriment des valeurs du Québec.
« Il est temps de mobiliser notre génération autour d'un projet de pays qui mettra de l'avant les revendications des jeunes du Québec qui deviendra la 6 ième puissance économique des Amériques ! »
Un projet de pays ou l'environnement devient un enjeu prioritaire
En 2004, la contestation des citoyens du Québec contre la centrale au gaz du Suroît a démontré que l'environnement doit être un enjeu prioritaire dans le cadre du projet de pays du Québec. Nous devons miser sur les énergies renouvelables, la protection de nos forêts et de nos rivières et aussi, la réduction de gaz à effet de serre. Nous devons, dans le cadre d'un projet de pays du Québec miser sur économie régionale et environnement. Quelle région du Québec bénéficiera le plus d'un politique d'énergie renouvelable ? La Gaspésie, trop longtemps négligé, doit maintenant devenir LA région de l'énergie éolienne et utiliser cette source afin de créer de l'emploi et ainsi améliorer la qualité de vie de la population du Québec.
L'environnement doit devenir un enjeu prioritaire dans un projet de pays du Québec. À cet égard, nous devons raffermir nos liens avec les groupes de défense de l'environnement (ex : Greenpeace, Equiterre) afin d'inclure l'environnement dans le débat sur l'avenir de notre pays.
« Nous devons proposer une charte de l'environnement au même titre qu'une charte des droits de la personne afin de proposer un équilibre qui positionnera le Québec comme un acteur incontournable sur la question de l'environnement »
ET NOTRE GÉNÉRATION DANS TOUT ÇA ?
Notre génération milite en faveur de causes sociales dont plusieurs ont été mentionnés dans ce que nous considérons comme une ébauche de projet de pays du Québec. Si l'on regarde attentivement les résultats des dernières élections et plus précisément le taux de participation des jeunes, nous sommes en mesure de constater que l'abstentionnisme est devenu monnaie courante au sein des jeunes de 18-30 ans. Ce n'est pas parce qu'ils ne votent pas qu'ils ne s'impliquent pas !
Nous devons solidariser notre génération et créer cette coalition « parapluie » qui réunira l'ensemble des jeunes qui militent en faveur d'une plus grande justice sociale mais aussi pour la création d'une société ouverte, solidaire et progressiste. Nous croyons que le Comité national des jeunes du Parti Québécois a le devoir de ne pas laisser passer le bateau et travailler dès le lendemain de l'élection de Chicoutimi à créer cette coalition afin d'être prêt pour le rendez-vous historique.
Nous devons aller rencontrer les jeunes dans leur milieu , organiser des rassemblements, participer à des débats autant au sein du parti que dans la société. Le projet de pays du Québec verra le jour lorsqu'on aura réussi à proposer aux citoyens du Québec l'alternative à un fédéralisme de plus en plus centralisateur et dogmatique. Il faut également démontrer que notre génération ne veut pas seulement « s'affirmer » comme Mario Dumont le désire si bien car elle s'est affirmé il y a bien longtemps. Nos grands-parents ont battu l'Union nationale et lancé la « Révolution Tranquille ». Nos parents ont faire élire le Parti Québécois et René Lévesque ce qui a rendu la souveraineté possible. C'est à nous maintenant, avec eux, de faire du Québec un pays !
GÉNÉRATION ACTION a rencontré plusieurs regroupements jeunes au cours des derniers mois afin de peaufiner ce document et tâter le pouls de notre génération. Ce travail fût nécessaire car pour la première fois, nous désirons que le Comité national des jeunes ne soit pas une courroie de transmission du Parti Québécois auprès des jeunes mais des jeunes au Parti Québécois ! Pour susciter l'adhésion de notre génération, nous devons écouter, discuter, débattre et convaincre ! Nous croyons, avec notre expérience en tant que militant de plusieurs de ces groupes et du Parti Québécois, nous sommes en mesure de contribuer à bâtir « Jeunes souverainistes » pour que notre génération puisse :
PRENDRE SA PLACE !
Au plaisir de vous rencontrer dans les prochaines semaines et à Chicoutimi les 11, 12 et 13 mars prochain !!
BRUNO Longval, VÉRONIQUE Lalande, PATRICK Leblanc
MÉLISSA Coulombe-Leduc, ALEXIS Gagné-Lebrun MARTIN Doiron
MATHIEU Jeanneau, MYRIAM Nadeau, MAXIME Côté
|